Quel avenir pour les applis mobiles de santé ?

Posté dans E-santé - le 5 juillet 2016

Est ce que les applications mobiles de santé ont un avenir pérenne ? Il peut paraître bizarre de se poser cette question, maintenant, dans une période où elles fleurissent.

Certains chiffres mettent en avant un taux d’abandon élevé des utilisateurs d’applications santé, et ce dans le mois qui suit leur installation.. Sans compter que les orientations des chercheurs se font plutôt en direction des nanotechnologies et des capteurs ingérables pour le suivi des patients (évolution des maladies, préventions, etc..).
Une étude faite conjointement entre la Faculté de Médecine et de l’Université Cornell vient d'être publiée dans le Journal of Medical Internet Research et, pour vous résumer, indique que 20% des utilisateurs ayant un smartphone ont déjà téléchargé ces applications santé et que la plupart (pas de chiffrage précis) les abandonnent dans les premiers jours.

Il en ressort également que les profils de ces utilisateurs sont assez ciblés : patients souffrants de maladies chroniques et/ou préoccupés par leur santé (en préventif ou curatif).

Il existe plusieurs explications à cela :

Nous pourrions simplement nous dire "elles ne sont pas encore tout à fait mûres ces applications". Le problème c'est qu'apparemment elles n'ont plus trop de temps devant elles !

Il semble bien que les génies de ce monde prophétisent autre chose : l'arrivée prochaine, et en masse, des objets connectés à avaler ou à implanter.

Qu'en dit le marché ?

Hosain Rahman, le patron des populaires bracelets Jawbone, en est par exemple convaincu et a mis en ordre de bataille ses laboratoires afin de ne pas passer à coté de la vague et sortir des objets à avaler connectés...à leurs bracelets ! Il n'est pas fou non plus.

Santé + avant-gardisme +  marché juteux = je ne pouvais évidemment pas m’empêcher de parler de notre ami Google, qui se penche sérieusement sur une pilule connectée qui, une fois ingérée, serait capable de détecter des cellules cancéreuses afin d’envoyer des informations à un bracelet connecté. Si je synthétise leur projet, Google nous promet : vous ingérez une pilule, vous attendez quelques minutes et votre bracelet vous dit "Cancer inside !". Glaçant tout de même.

Proteus Digital Health et Otsuka Pharmaceutical aux Etats-Unis, sont sur le point de mettre sur le marché le premier médicament connecté. Le médicament est en deux partis, une pilule à avaler et qui communiquera avec un patch posé sur le corps du patient.

Que fait le patch avec les données reçues ? Il les envoie à ... une application mobile de santé. La boucle est bouclée.

  En conclusion, les applications mobiles de santé ne sont pas encore assez mures pour être utilisées en masse. En parallèle les grands laboratoires de dispositifs médicaux travaillent sur des objets connectés à avaler ou à implanter.

A mon avis, opposer les deux n'a pas de sens, l'avenir de la santé préventive et du traitement des maladies chroniques passera obligatoirement par le rapprochement et la complémentarité des deux.

 

Sources :

http://jmirpublications.com/

http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=14421

http://www.objetconnecte.com/premier-medicament-connecte-1109/

Yacine